L'Obscure Clarté de l'air

Avant-propos

 

J’ai eu la chance d’être capitaine d’un navire de l’Égypte ancienne, une reconstitution imaginée avec l’archéologue Cheryl Ward pour un documentaire français diffusé sur NOVA et intitulé Quand les Égyptiens naviguaient sur la mer Rouge. J’ai été présent à sa construction, j’en ai imaginé le gréement et je l’ai fait voguer sur la mer Rouge, recréant ainsi les périples au pays de Pount pendant le règne d’Hatshepsout, il y a 3 500 ans. L’Argo devait sans aucun doute ressembler à ce genre de navire égyptien, aussi mes descriptions de l’expédition des Argonautes en compagnie de Jason et Médée sont-elles inspirées de mes propres expériences. J’ai également navigué sur mon propre bateau dans les îles grecques, faisant voile de la Croatie vers la Turquie où j’ai visité Corinthe et beaucoup d’autres sites archéologiques. Contrairement au Médée d’Euripide qui a choisi de situer la pièce à son époque, 800 ans plus tard, L’Obscure clarté de l’air se déroule du temps de Médée, il y a de cela 3 250 ans, et reste fidèle aux découvertes archéologiques, dans un souci de réalisme constant (il n’y a ni centaures ni chariots volant dans les airs). Cette époque est celle que les Grecs considéraient comme le début de tout, mais il s’agit en réalité de la fin d’un ancien monde, le déclin de l’âge de Bronze, et Médée en est un vestige, une menace venue de ces temps révolus.

 

David Vann

 

 

 

Son père, un visage doré dans la pénombre. Apparaissant à la lueur des torches au-dessus de l’eau puis s’éclipsant à nouveau. Le visage du soleil, un descendant du soleil. Trahison et rage. Quatre plumets le long de son masque, une dispersion de lumière, une sorte de crinière. Son bouclier de maintes peaux tannées, une obscurité creuse. Sa lance grise, une ligne mince puis disparue. La voile au-dessus de lui gonflée comme la panse d’un bœuf devenu aussi immense qu’un dieu, ses sabots évoluant dans l’eau sans émettre le moindre son.

Rien ne l’arrêtera, Médée le sait. Il a trop perdu. Elle ne peut que le ralentir. Elle se baisse et saisit un morceau de son frère, un avant-bras puissant et étrangement doux, refroidissant déjà, et elle le laisse tomber à la mer, presque sans un bruit, englouti par les éclaboussures des rames.

Elle l’a fait pour Jason et elle en fera bien davantage, elle le sait. Son frère démembré à ses pieds. C’est ainsi que commence le monde.

Du bois sombre dans une eau plus sombre encore, une mer d’encre, des motifs ressentis mais imperceptibles, l’oscillation des vagues à peine entraperçue. Le bois épais sous eux, ses lignes grinçantes. Les épaisses cordes du mât derrière elle, gémissant sous la pression des deux gouvernails. À chaque vaguelette, elle est soulevée, elle retombe et pivote, et Jason et ses hommes réitèrent chaque mouvement un instant plus tard. Tous rassemblés en une seule et même personne, la barbare et ses Minyens. Chaque coque de navire, un foyer.

Une chair qui aurait dû couler à pic mais s’y refuse, un avant-bras trop petit pour être remarqué à la lueur des torches dans cette pénombre, mais pourtant aperçu. Son père ordonnant qu’on abaisse les voiles, qu’on remonte les rames. La grande panse de bœuf qui se dégonfle, qui ne contient plus la moindre lumière, désormais assombrie et fripée, la vergue supérieure qui s’affaisse. Les pelles des rames surplombant l’eau en une haute rangée, reflétant la lumière et s’éteignant à nouveau, le navire qui vire de bord. La coque sombre, invisible, son père debout au-dessus. Penché, à présent, la main tendue vers son fils.

Un hurlement qu’elle entendrait même depuis une autre mer, qui trouve écho en elle, et si elle pouvait revenir en arrière, elle le ferait.

Le navire de son père dérive. Perdu et disparaissant dans le lointain, les torches plus petites, se fondant les unes dans les autres. Les hommes de Jason tirant sur les rames, voleurs aguerris. Aucune parole échangée. Leurs regards sur elle. Aucune lumière, aucun son à l’exception des rames et de la voile et des cordages. Leur souffle lourd, une chaleur.

Médée n’a plus de mots, plus de pensées. Elle a dénoué le monde, elle a tiré un fil vital, tout s’est détissé. Rien d’autre à faire que retenir son souffle et attendre de voir si un nouveau monde reprend forme. Sa tâche est de calculer prudemment, d’utiliser les morceaux de son frère avec parcimonie. Son père lève les voiles une fois encore, plus petit à présent. Le masque doré, une torche plus pâle, sa lance et son bouclier, disparus. Les rames en action, invisibles, des éclats d’eau troublée et plus rien d’autre. Mais elle connaît sa volonté. Ces Minyens ne sont pas à la hauteur.

Son père pourrait soulever le soleil et l’accrocher à sa place avant de le décrocher à nouveau, effectuer le travail de son propre père. Le bronze et le feu et l’or, tous les aspects du soleil. Une rage interminable, et sans raison, sans fin, la consumation totale. Son père descendant de tout ceci, et elle aussi. Des demi-dieux. Des humains au-delà des lois humaines.

Par ordre de son père, les hommes ne sont plus enterrés dans le sol mais suspendus dans les airs, attachés aux arbres dans des peaux de bœuf brutes. Tournoyant à jamais en hauteur, les femmes juste en dessous. Il veut équilibrer la terre et l’air. Il croit en être capable. Sa rage transformée en une simple incrédulité à l’idée que cela puisse arriver, et à lui. Tout était prédit, mais il n’avait jamais songé à craindre ses filles, ne craignait que son fils. Les hommes visibles, suspendus et pourrissant dans leurs sacs, dans les mémoires, les femmes invisibles en dessous.

Il se rapproche déjà. Médée s’agrippe au bastingage et à l’étambot, et elle a peur de passer par-dessus bord, comme si ses actes pouvaient la rattraper à n’importe quel instant, l’attirer dans l’eau noire. Agenouillée dans son frère, l’humidité contre ses cuisses. L’odeur de sang et de viscères, du sacrifice. Une odeur qu’elle a connue toute sa vie. Pour Hélios le soleil, et pour les autres dieux, pour Hécate. Jason, un sorcier habile, égorgeant un agneau pour Hécate, embrasant un bûcher, invitant les serpents à siffler dans les chênes au-dessus d’eux et les chiens des enfers à hurler, s’éloignant avec la force de ne pas regarder en arrière. Sa propre force à elle diminue. S’agenouiller ainsi au milieu de la dépouille de son frère, trop à supporter.

Le vacillement de chaque vague, une pression latérale, son visage au-dessus de l’eau, la coque qui s’effondre, qui cède. Elle pourrait presque le souhaiter, de glisser sous la surface, froide et privée d’air, silencieuse, immobile à l’exception de cette chute graduelle. Le monde entier, disparu, le soleil muet. Un lieu où même son père ne pourrait l’atteindre.

Hécate la Sombre, fais que cette obscurité dure. Médée s’exprime dans une langue qu’aucun homme ne comprend à bord de l’Argo. Élargis cette mer, fais que le sang qui coule de notre pont s’épaississe et ralentisse mon père. Le sang du soleil. Mon propre sang, mon propre frère. Je te l’offre.

Médée voit les eaux coaguler et se resserrer, les vagues ralentir et s’aplatir, le vent perdre de sa force, son père bloqué par ce qui coule dans ses propres veines. Le soleil maintenu sous la surface de la mer, avalé sans jamais renaître. Retenu par Nout, déesse bleue des Égyptiens, déesse sans âge, femme sans âge, plus vieille que le soleil. Hélios avalé chaque soir et voguant à travers les dédales du corps de Nout jusqu’à sa renaissance, mais pris au piège de la vanité, cette fois-ci. Le soleil cherchant forme humaine, cherchant des descendants, des générations pour l’adorer. Ce sang changé à présent en encre, les dédales devenus infinis, l’obscurité complète.

Médée, celle qui mettrait fin à un dieu et à toute sa descendance et à la lumière du monde. Elle le ferait. C’est vrai, elle le sait, tout ce qui lie les gens entre eux n’a aucune incidence sur elle. Elle n’est liée qu’aux éléments, à l’eau et l’air et la terre et le feu et le sang. Elle fera ce dont son père est incapable, ce dont Jason est incapable. Elle devrait devenir reine sans roi, une Hatshepsout.

Là où l’entraînera l’Argo. À Iolcos, la demeure de Jason, mais où encore ? En Égypte, terre natale des dieux anciens, d’un monde ancien. Tous les navires attirés là pour contempler le long écho du temps.

Mais ils doivent d’abord distancer son père. Le jour se lèvera bientôt, nulle part où se cacher sur cette vaste côte à découvert.

Jason, s’écrie-t-elle. Et quand il arrive, elle se détourne de son père, elle s’étend parmi la dépouille de son frère, sous le regard de tous les Argonautes. Sa peau éclairée à la lueur des torches, loin sur l’eau, errantes, une luminescence qui pourrait prendre sa source en lui, ou être simplement imaginée. Ses yeux sans fond, brillants puis noirs à nouveau. Mais l’urgence de Jason est tangible, sa chaleur. Elle l’attire à elle, l’enlace, puise dans ce souffle et dans ce cœur. Tout le reste est perdu. Voilà ce qui lui appartient désormais. Elle le maîtrisera.

 

 

 

La nuit se prolonge, Hécate l’a entendue. Médée n’est plus une jeune vierge, son sang mêlé à celui de son frère coule dans la mer. Elle comprend à présent que son père doit être brisé, chaque partie de lui brisée, que tout lui a été arraché, que la prophétie avait ce rôle, celui de ramener un roi à l’humilité. Médée, destructrice de rois. Elle bâtirait un monde sans eux.

Ses Minyens si fiers de leur toison d’or, un vol commandité par un autre roi, Pélias, depuis Iolcos. Mais il existe des centaines de toisons d’or, des peaux brutes qui laissent échapper une épaisse poussière d’or récoltée dans chaque torrent de montagne qui alimente l’immense vallée chez elle. Suspendues à des arbres, mises à sécher avant d’être battues et secouées afin d’en récupérer l’or. Scène observée un jour puis transmise au loin, racontée et racontée encore jusqu’à ce que les toisons n’en forment plus qu’une seule et unique, tout en or, et la dérober reviendrait à s’emparer de la puissance d’un roi.

Jason l’a accrochée à la vergue inférieure, juste sous la voile, et pense qu’ainsi le navire avancera plus vite. Mais ses hommes trouveront bientôt de la poussière d’or sur leurs épaules et sur leur dos, ils verront leurs contours se détacher à la lueur des étoiles et quand ils atteindront enfin Iolcos, la toison ne sera plus qu’une peau de chèvre, sans le moindre éclat d’or.

Son père gagne du terrain. Médée transformerait ses rameurs, cette fine couche d’or, ferait en sorte que leurs rames prennent appui sur l’air, que le navire s’élève et se libère de l’eau. Elle sent le poids du bateau, sa pression sur la mer tandis qu’il s’y enfonce, une sorte de tombeau, au ralenti. La voile de son père éclairée par les torches dans le noir qui se rapproche douloureusement, avide, suivant un sillon invisible et inévitable à travers les veines de la nuit. Un périple parmi les grottes aux murs imperceptibles. Le silence. La mer pourrait tout aussi bien être inclinée qu’ils n’en remarqueraient rien.

Médée s’accroche à la poupe, apeurée. Elle doit laisser tomber un autre morceau de son frère dans l’eau, mais elle ne peut le faire ni trop tôt, ni trop tard. Trop tôt et il n’en restera pas assez pour tenir la longueur. Trop tard et son père ne s’arrêtera peut-être pas, préférant les rattraper avant d’aller rechercher les autres parties de la dépouille.

Des pointes de lances dans la lumière, cinquante lames de métal froid scintillant qui disparaissent pour réapparaître aussitôt. Elle voit la courbe de leurs dos, les hommes de son père qui rament. Leurs lances près du corps, prêtes. Ils sont déjà partis en guerre. Leur voile tire le mât, fixée en haut et en bas par les cordages. Bien assez près pour entendre craquer la vergue inférieure, bien assez près pour voir un homme debout à la proue, jambes écartées, tenant une corde épaisse comme son bras afin de tirer un côté de la bôme et trouver le vent. Le souffle lourd de la voile, infatigable et boursouflée. Son père connaît mieux cette mer que les Minyens, il sait que le vent se lève juste avant le matin. Ses timoniers savent qu’il vaut mieux s’abstenir de manier les gouvernails, qu’il faut laisser glisser le navire librement afin de prendre de l’élan. Près de Médée, les deux gouvernails s’agitent trop, serpentent de droite à gauche, se cognent, perdent en puissance et en vitesse. Apeurés qu’ils sont, ces timoniers.

Elle voit la main de son père sur la lance.

Je l’ai laissé me prendre, crie-t-elle à son père par-dessus les flots. Ici même, sur le pont, devant ses marins. La fille d’un roi. Ou d’un ancien roi.

Elle voit sa lance et son bouclier qu’il ramène contre lui.

Dans chaque contrée, nous exhiberons la toison et j’affirmerai qu’il n’en existe qu’une seule. La parure d’un roi, et un roi nu sans elle.

Il brandit sa lance, arme son bras et la projette dans un rugissement. Une fine ligne dans la nuit, un arc de cercle, un éclat de lumière, une étoile tombée du ciel, impossible de savoir où elle terminera sa course. Mais Médée écarte les bras, fait de son corps une cible aussi grande que possible et rit lorsque la lance tombe trop loin, infime déchirure de l’eau, puis disparue.

Je garderai le cœur de mon frère et je dirai que c’est le tien. Je dirai que le roi de Colchide est mort et que ses terres sont à qui les veut. Je tiendrai ton petit cœur sec et je ferai semblant de pleurer et j’affirmerai que j’aimais mon père, mais qu’il était trop faible.

Son père trop fier pour rétorquer quoi que ce soit. Silencieux derrière son masque. Rabaissé.

Descendant du soleil, crie-t-elle. Si c’est la vérité, prouve-le. Tout t’est confisqué. Roi impuissant. Non-roi.

Médée prend un morceau de son frère, une cuisse, lourde et dure, musclée, elle en lèche le sang, sombre et épais. Elle crache, lèche et crache encore et encore, trois fois en guise d’expiation. Le goût du sang familial plein la bouche, et elle jette ce morceau d’Hélios dans les vagues.

Elle leur a arraché le cœur à tous, elle le sait. L’équipage de son père, estropié de l’avoir vu ainsi diminué. Elle le rendra humble, jusqu’à ce qu’il ne reste rien de lui, jusqu’à ce que ses hommes ignorent pourquoi ils rament. Ils récupéreront les morceaux du fils et se demanderont comment les demi-dieux peuvent être déchus aussi aisément.

Un hurlement de son père, sa douleur à la vue d’un autre morceau, et il fait volte-face, ordonne qu’on abaisse la voile. Les hommes se massent à la poupe où ils descendent la grand-voile, anéantissant toute leur puissance. Un navire sans vent, à peine plus qu’un amas de brindilles. Les rames suspendues au-dessus de l’eau, un insecte de bois à trente pattes qui ralentit, s’immobilise. Son père penché par-dessus le bastingage, tendant le bras vers son fils mais manquant sa cible. Le bateau qui gîte malgré le calme des flots. Le haut mât en bois de la voile affalée qui penche presque jusqu’à l’eau, puis se relève vers les cieux.

Son père beuglant de désespoir, un son étrange pareil à celui d’un animal au champ. Il se fraie un passage entre ses rameurs afin d’attraper son fils depuis la poupe. Sans prétendre être un roi. Rien qu’un père. L’air dans les poumons de Médée soudain alourdi. Son père disparaît dans la nuit, et elle ne voit pas s’il arrive à récupérer le morceau, son navire tourne et lui bloque la vue.

Son frère, disparu. Elle se languit de lui là-bas, au loin, dans les bras de son père, alors qu’une majeure partie de ce frère est ici, à bord. Elle est encore agenouillée parmi ses restes. Impossible de localiser les morts. Son frère partout et nulle part, et tout ce qu’elle éprouvait à son égard demeure. Aucune part de lui ne meurt lorsqu’il disparaît. Il disparaît simplement.

Les Argonautes tirent fort sur les rames, la voile gonflée. Médée est en compagnie d’inconnus. Ils n’éprouvent rien à l’égard de son frère. Et si Jason n’éprouve rien à l’égard de son frère, qu’éprouvera-t-il pour elle ?

Le navire de son père s’éloigne, s’efface dans la nuit, la lueur des torches faiblit, tourne, ils doivent donc faire demi-tour afin de retrouver la cuisse de son frère. Une lourde masse de chair, peut-être trop lourde pour être repêchée dans les vagues. Elle pourrait être perdue dans l’obscurité. Ils devront la chercher sans savoir par où ils sont déjà passés. Le navire dérivant dans le vent, mais un vent sans aucune influence sur la chair presque submergée, cachée, flottant juste à la surface, une blancheur dans la pénombre. Perdue un peu davantage à chaque instant qui passe, et le désespoir de son père plus grand encore. Un avenir qu’il n’aurait jamais pu envisager. Un roi toujours au centre, eux jamais privés de repères.

Hécate, fais que cette nuit dure, dit Médée. Qu’elle dure encore un peu. Nout, n’accouche pas encore.

Pour son père, la mer grandit et son navire tournoie. Il lance ses timoniers dans une direction, puis dans une autre, chaque section d’eau noire et inconnue et identique à la précédente. Le vent qui se lève et les vagues, plus grosses. Il était peut-être à cinquante longueurs de son fils, ou bien à distance de bras, qu’il ne le verrait pas. Il devrait pourtant le sentir, lorsque la chair de sa chair est proche de lui. Il devrait y avoir un lien quelque part.

Médée s’éloigne avec le reste de son frère, mais elle éprouve le besoin d’aider son père. D’être ses yeux à travers la nuit, de le prendre par le bras et le guider. De reconstituer les morceaux de son frère et lui insuffler la vie. De faire appel à Hécate pour reformer un corps en échange de son sacrifice à elle. Que sa famille soit entière, à nouveau, même si elle doit se perdre en échange. Un sentiment accablant, une ancre dans sa poitrine, incrustée et qui l’attire vers le fond, son corps déchiqueté, et c’est ainsi que sont formées les femmes. Esclaves. Elle ne sera pas esclave. Elle éprouvera ce besoin d’aider son père mais elle n’en fera rien. Elle pleurera son frère et s’agenouillera parmi sa dépouille démembrée, mais elle jettera un nouveau morceau par-dessus bord quand le moment viendra. Elle ne se laissera pas dompter. S’il est naturel d’être esclave, alors elle sera contre nature.